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Prier avec les réfugiés: l'éducation permet d'arriver à l'autosuffisance
03 juin 2015

Un cours d'anglais pour réfugiés, programmé par le Service Jésuite des Réfugiés/Jesuit Commons Higher Education at the Margins, au camp Djabal près de Goz Beida, Tchad, le 18 mars 2015 (Christian Fuchs/Service Jésuite des Réfugiés Etats-Unis)
Rassemblons-nous en nation unique: vous êtes chrétien, venez à l'école; vous êtes musulman, venez à l'école. Ceci, c'est pour les enfants de demain.
Washington, 3 juin 2015 - Tandis que le monde se prépare à commémorer la Journée Mondiale des Réfugiés le 20 juin, le Service jésuite des Réfugiés continue à donner une priorité élevée à assurer un meilleur avenir aux réfugiés en investissant intensément dans l'éducation et la formation. L'éducation a d'importantes ramifications pour la santé mentale et pour la cohésion sociale de la communauté des réfugiés.

«L'éducation est décisive pour combattre les maux de la haine, de la violence et de la guerre. J'en suis de plus en plus convaincu» a dit le directeur international du Service Jésuite des Réfugiés, le père Peter Balleis SJ. «Apprendre est, dans une situation de total désespoir, une manière de nourrir l'espoir dans les personnes, l'espoir dans les enfants. C'est tellement important que les enfants [déplacés et réfugiés] aillent à l'école, d'établir une routine de vie. C'est important de continuer à apprendre, c'est une façon de panser des traumatismes au milieu d'un conflit.»

«Nous les civils, nous ne voulons pas la guerre, ce que nous voulons, c'est l'éducation, mais [les chefs des factions guerrières au Soudan du Sud] se moquent de nos désirs ou de voir de la valeur dans l'éducation de notre peuple» a récemment dit au JRS un leader islamique de Maban, au Soudan du Sud. «Rassemblons-nous en nation unique: vous êtes chrétien, venez à l'école; vous êtes musulman, venez à l'école. Ceci, c'est pour les enfants de demain.»

L'accès à la scolarité et à l'éducation de qualité constitue une priorité urgente pour tous les enfants et jeunes réfugiés. Les enfants constituent généralement la moitié de la population réfugiée et sont parmi les plus vulnérables dans la plupart des situations de déplacement. Suite aux décès en cours de conflits et/ou des circonstances chaotiques de la fuite, beaucoup d'enfants réfugiés sont orphelins ou séparés de leurs parents et se trouvent dans des situations précaires.

Un étudiant réfugié provenant du Soudan, inséré dans le programme JRS/Jesuit Commons Higher Education in the Margins [Education supérieure aux marges] à Amman, en Jordanie, nous a raconté comment reprendre ses études l'a éloigné du désespoir.

«Le programme m'a encouragé à voir la vie d'une autre manière. Quand j'ai quitté l'université - j'ai étudié au Soudan un an et demi - je pensais que mes études, c'était terminé. J'avais perdu tout espoir et j'étais déprimé. Mais je sens que cette occasion m'a sauvé la vie. J'ai commencé à me rendre compte que la vie a beaucoup d'occasions en réserve, pas seulement pour moi mais aussi pour le progrès de l'humanité.»


L'éducation des adultes, traditionnelle et professionnelle, permet d'apprendre de nouvelles langues – ce qui est utile en cas de réinstallation dans un pays tiers – ou d'apprendre de nouvelles compétences, ce qui leur permet de gagner leur pain, pour eux-mêmes et leurs familles.

Un déplacé de 25 ans de Masisi, en République Démocratique du Congo, a vu dans quelque chose de si simple qu'un cours de coiffure comme étant une voie vers l'indépendance et l'autosuffisance.

«Je suis très content d'avoir participé à cette formation du JRS. Grâce à ce cours de coiffure, je peux m'acheter du savon et d'autres petites choses utiles. Cela me donne une nouvelle occasion de changer ma vie chez moi et aussi d'aider mes parents âgés» a-t-il dit à notre personnel en RDC. «Je suis très fier.»

L'éducation est la clé d'un meilleur avenir pour les réfugiés, quelle que soit la forme que prendra cet avenir. C'est important aussi que l'éducation donne un sentiment de stabilité, de dignité et d'espoir à la fois aux enfants et adolescents réfugiés et à leurs familles.

Au camp pour réfugiés Mai Aini, dans le Nord de l'Ethiopie, un réfugié d' Erythrée a parlé au nom de la plupart des réfugiés quand il m'a dit, en février dernier: «Nous, les jeunes, nous devons voir devant nous un bel avenir. Nous voulons travailler, avoir un travail.»

Terminer les études commencées dans son pays d'origine, ou apprendre de nouvelles langues ou de nouvelles compétences peut ouvrir la porte à ce bel avenir.


Ta réflexion
L'année dernière, le JRS a permis à plus de 140.000 enfants, jeunes et adultes de recevoir des services éducatifs à niveaux primaire, secondaire, supérieur et professionnel. A Washington, Rome, Genève et Bruxelles, dans des douzaines de pays, le JRS défend le droit fondamental à l'éducation pour les enfants et les jeunes réfugiés. Le JRS en appelle à un meilleur accès à l'éducation pour les enfants et les jeunes réfugiés

Travailler ensemble avec nos partenaires et ceux qui nous soutiennent, travailler ensemble avec les réfugiés, En travaillant ensemble, nous pouvons débloquer le potentiel. Ensemble, nous pouvons donner de l'espoir. Ensemble, nous pouvons fournir de l'éducation. Ensemble, nous pouvons mettre les réfugiés sur la route de l'indépendance et de l'autosuffisance.

Christian Fuchs, responsable de la communication, Service Jésuite des Réfugiés Etats-Unis