Ethiopie: Une visite éducative et récréative fait renaître l'espoir
16 décembre 2011

Les réfugiés partagent un repas avec les femmes de Desta Mender, un centre de réhabilitation pour des femmes souffrant de blessures causées par l'accouchement. Addis Ababa, Ethiopia (Thomas Assefa/JRS)
Les victimes de fistule se sentent blessées, rejetées, dépréciées et incomprises, mais lorsqu'elles bénéficient de traitements appropriés et de soutien, elles commencent à prendre conscience qu'elles ne sont pas différentes des autres femmes, et elles recommencent à se sentir productives et appréciées, a déclaré Mme Beletshachew Tadessa, Directrice de Desta Mender.
Adis Abeba, le 24 novembre 2011 – Grâce à l'information et à des soins appropriés, on peut raisonnablement penser que le nombre de femmes atteintes de fistules pourrait être réduit de manière drastique. C'est ce que plus de cent étudiants du RCC (Centre Communautaire des Réfugiés du JRS) d'Addis Abeba ont entendu lors d'une récente visite dans un centre de réhabilitation pour femmes situé dans les faubourgs de la capitale éthiopienne.

La visite éducative dans le centre qui accueille des femmes souffrant de blessures consécutives à l'accouchement, qui est dirigé par l'organisation caritative Hamlin Fistula Royaume-Uni, avait pour objectif d'éduquer et d'informer les réfugiés sur les problèmes liés aux fistules, tout en démontrant les conséquences positives de la formation et du soutien apportés à Desta Mender (le Village de la Joie).

«De telles visites permettent de combler le désir de relations interpersonnelles, d'affection et d'attention chez des personnes qui, auparavant, ont souffert de persécution, de marginalisation et de rejet. Nous essayons de donner aux réfugiés l'inspiration nécessaire à l'accomplissement de leurs propres objectifs, et de renouveler leur foi en un avenir meilleur», a déclaré Muguleta W Eyesus, Directeur de Projet du RCC.

Une fistule est une blessure grave mais curable, assez courante lors d'un accouchement. Dans les pays en voie de développement un grand nombre de femmes atteintes par des fistules n'ont pas accès aux traitements ad hoc. Une fistule qui n'est pas soignée peut engendrer l'incontinence, des infections et des ulcérations. Malheureusement, les femmes souffrent en silence par peur de la stigmatisation sociale associée à cette atteinte physique.

«Les victimes de fistule se sentent blessées, rejetées, dépréciées et incomprises, mais lorsqu'elles bénéficient de traitements appropriés et de soutien, elles commencent à prendre conscience qu'elles ne sont pas différentes des autres femmes, et elles recommencent à se sentir productives et appréciées», a déclaré Mme Beletshachew Tadessa, Directrice de Desta Mender.

A Desta Mender, les femmes apprennent à gérer leur santé et reçoivent des conseils pour les aider à surmonter le sentiment de honte qui les habite. Elles peuvent également acquérir d'autres connaissances – alphabétisation, jardinage, agriculture, ce qui les aidera à devenir autonomes à l'avenir.

L'éducation change la vie

La journée à Desta Mender a commencé par un discours introductif de Mme Tadessa, dans lequel elle a décrit la structure du centre, et souligné les causes de la fistule et autres questions liées à ce sujet. En dépit des effets négatifs des fistules, les participants ont appris que les femmes atteintes pouvaient, à condition qu'elles reçoivent une formation appropriée, des conseils et un soutien, regagner confiance et contrôle sur leur vie.

Dans  une conférence autour du harcèlement physique et psychologique des femmes, y compris les impacts du viol conjugal, Mme Eljona Sadiku, Responsable des Services Communautaires au sein du HCR a expliqué aux réfugiés que la violence basée sur le sexe et sur la différence sexuelle (SGBV) peut elle aussi causer des fistules. Consciente de toucher un sujet sensible, elle a expliqué qu'un certain nombre de femmes cherchant protection auprès du HCR ont été harcelées de façon répétitive par leurs propres époux.

La journée avançant, les participants ont apprécié un repas bio préparé à partir du potager et de la ferme appartenant au centre et préparé par des femmes du programme de réhabilitation de Desta Mender. Il était clair que les efforts du centre pour redonner espoir aux victimes de fistule, en leur proposant un endroit où  étudier et se développer, les aide à retrouver confiance en elles-mêmes et à se sentir partie prenante d'une plus grande communauté.

«Aujourd'hui, j'ai oublié beaucoup de soucis et le poids de la famille que je portais malgré moi. Au moins en ce moment, je suis guérie», a déclaré Mme Nadia Said, une réfugiée congolaise, après avoir pris le temps de réfléchir sur sa propre expérience.

Créé en 1996, le RCC est un projet géré en commun par le HCR, le gouvernement éthiopien et le JRS. Seul centre de ce type à Addis Abeba, le RCC propose un soutien affectif comprenant des conseils pour surmonter les traumatismes, des cours d'informatique, de langue et de formation professionnelle, ainsi qu'un espace sûr et accueillant où les femmes peuvent socialiser avec leur famille et avec des amis».







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